Battu au match aller à Neuchâtel, en trois sets secs, le VMA n’a pas d’autre alternative que de s’imposer en trois ou quatre manches, ce mercredi à 19h au Palais des sports Gilbert Buttazzoni, s’il veut jouer le golden set pour la qualification aux quarts de finale de la Coupe d’Europe.
Le « golden set » est au volley ce que la série de pénalties est au football. Soit un tie-break de 15 points qui tient autant de la loterie que de la compétition sportive. Contrairement aux Mulhousiennes qui ont perdu deux « golden-set » en 26 campagnes européennes, 15-17 face aux Polonaises de Bielsko-Biala en 2013 et 13-15 face à Rzeszow en 2019, les Suissesses en ont fait leur spécialité. En l’espace de deux saisons, elles en ont gagné trois : face aux Serbes de Jedinstvo (15-13) et aux Polonaises de Budowlani Lodz (15-13), respectivement en quarts et en demi-finales de la CEV en 2024 et, il y a deux semaines, face aux Belges d’Asterix Beveren (15-12). Dans ce dernier match, le NUC s’était imposé à domicile (3-1) avant de perdre en Belgique (0-3) pour finalement se qualifier au « golden set ». Autant dire que Neuchâtel est rôdé à l’exercice !
Le match aller en Suisse a fait l’objet de la pire prestation mulhousienne cette saison. A l’exception de Reagan Rutherford (57 %) et d’Uliana Kotar (75 %) en attaque, aucune Mulhousienne n’a été à la hauteur. Ni la réception, ni le service et encore moins la défense. En enregistrant davantage de points perdus que de points gagnés, on ne peut pas gagner. Or, exception faite pour le naufrage de la 3e manche (12-25), les deux premiers sets se sont joués sur un simple détail. Et c’est là que réside la bonne raison d’y croire. Le VMA bénéficie d’une marge de progression que le NUC n’a pas. On en veut pour preuve sa défaite samedi dernier à Schaffhouse (3-1) avec 21 fautes directes en attaque (contre 8 face au VMA) et 12 services ratés. Neuchâtel n’est pas le Vakifbank !
Certes, le VMA n’a pas été plus heureux au Cannet en perdant au tie-break. Mais, il a été plus propre que les Suissesses (21 fautes en cinq sets contre 33 au NUC en quatre manches). Quant au Cannet, il est monté en puissance et revient en course pour le titre. « Ça touche toujours d’avoir perdu 3-0… Il y a des étapes à franchir pour se rétablir. Et ce match au Cannet a été une étape, analyse André Sa, le coach lusitanien du VMA. A Neuchâtel, nous avons perdu, pour 50 %, en raison de la performance du NUC et 50 % à cause de nous. Mais plus que les erreurs, nous avons surtout manqué de cette stabilité qui a fait notre force jusque-là et qui nous a permis d’être où nous sommes – en championnat -. Cette défaite est la petite pièce qui manquait dans notre puzzle. La frustration est indispensable dans la construction de notre équipe qui, à Neuchâtel, n’a pas été impactée par la défaite mais par son niveau de performance. Ce que nous avons vécu à Neuchâtel est un bon moment pour grandir ! Je reste persuadé que la qualification est à notre portée… Mais, nous aussi, nous restons à la portée du NUC ! »
Esseulées en tête du championnat suisse, les Neuchâteloises n’ont que la Coupe d’Europe pour se sublimer. Ce qu’elles ont fait avec brio en accrochant des équipes telles que Dresde ou Budowlani Lodz et en s’imposant à Radom en Pologne, ces deux dernières années. Il ne faudra pas compter sur des défaillances éventuelles des Maia Dvoracek, Tia Scambray et autres Natalie Hayward. En revanche, l’immensité du Palais des sports mulhousien va contraster par rapport à la plus petite enceinte neuchâteloise. Le terrain sera le même avec ses 81 mètres carrés. Mais, les repères seront différents… Et les Mulhousiennes aussi !
Christian Entz
