Le VMA en conquête en Hongrie

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COUPE D’EUROPE CEV 8es DE FINALE ALLER

Le VMA en conquête en Hongrie

Pour sa 26e campagne européenne, le VMA est en Hongrie depuis mardi pour la troisième fois de son histoire. L’objectif sera d’aborder les 8es de finale de la Coupe CEV avec succès, aux dépens du vice-champion hongrois Békéscsabai Röplabda SE, en attendant le match retour du 14 janvier à Mulhouse.

Par rapport à ces dernières années, où il y avait toujours un adversaire italien turc ou polonais pour se faire pousser vers la porte de sortie, les Mulhousiennes ont hérité, cette fois, d’un tableau continental beaucoup moins compliqué. En 2018, à ce même stade de la compétition en CEV, l’ASPTTM avait croisé son premier adversaire hongrois, Fatum Nyiregyhaza, pour ensuite échouer face aux Italiennes de Busto Arsizio. Aujourd’hui, si le VMA devait éliminer Békéscsabai, il serait alors opposé au vainqueur du match opposant les Belges de Beveren aux Suissesses de Neuchâtel. Soit un tour de play-offs autrement plus abordable que par le passé.

Si le proche avenir européen des Mulhousiennes semble dégagé, il n’en demeure pas moins que la rigueur s’impose dans un pays qui bénéficie d’une réelle culture « volley », héritage des illustres Tungsram, Ujpest Dosza et Nim SE puis Vasas Budapest (champion d’Europe des clubs en 1973, 1980, 1981 et régulièrement médaillés entre 1977 à 1986 en Coupe d’Europe des clubs champions ou des vainqueurs de coupe) mais aussi d’une sélection nationale féminine demi-finaliste olympique en 1976 et 1980.

Près de 40 ans après cette période faste de la Hongrie, sur le plan sportif, Le VMA en a fait l’expérience en 2023 face à Vasas Obuda Budapest, en phase de poule de la Ligue des champions. Avec une formation qui figure parmi les meilleures dans l’histoire du club, dont les Rousseaux, Mayer, Coneo, Van Avermaet, Nana, Olinga Andela et autres Soldner, le VMA s’était imposé en quatre sets mais en remportant trois manches de justesse avec deux points d’écart. Et encore, après avoir été mené 22-15 au 1er set (23-25), 21-18 au 2e (23-25), et après avoir sauvé une balle de set dans le dernier acte (24-26) et pris une fessée dans la 3e manche (25-16). Un vrai miracle qui a valeur d’avertissement pour la génération actuelle. « Je me souviens d’un match très disputé, face à une équipe très agressive et très engagée, avec un public qui portait son équipe, renchérit la capitaine Léa Soldner. D’après les vidéos que nous avons pu voir, je m’attends au même type de match avec des joueuses expérimentées et très techniques. Ce sera un vrai combat que nous aurons à livrer ! »

Deux ex-Mulhousiennes, Iva et Lara Davidovic (à l’ASPTTM de 2013 à 2018), ont la particularité d’avoir joué et gagné cette saison face à Békéscsabai dans le cadre de l’Extraliga hongroise. Leur témoignage confirme que, sur le papier, Mulhouse a davantage d’arguments à faire valoir. En revanche, la méfiance est de mise !

Pour Iva (25 ans), qui a commencé la saison avec Ujpesti avant d’aller à Doha, le souvenir n’est pas des meilleurs. « Ça a été mon dernier match avec Ujpesti, avant d’être remplacée par la Bulgare Jordanova, raconte la plus jeune des sœurs Davidovic. Dans le 1er set, les joueuses de Békéscsabai nous ont laminées, 25-14, avec une attaque et un service de feu. Mais, après ça, elles ont commencé à accuser des fautes directes et le match a basculé et nous avons gagné 3-1. Sur ce seul match, on a vu deux équipes de Békéscsabai. L’une impressionnante si on la laisse jouer et l’autre fragile mentalement ». « Il faudra que Mulhouse s’attende à autre chose, précise Lara Davidovic (28 ans) qui est aujourd’hui la meilleure marqueuse du championnat hongrois et joue pour Fatum Nyiregyhasa. Nous avons gagné en trois sets face à Békéscsabai… C’était le 22 novembre dernier. Mais, depuis, l’équipe a changé… Ils ont viré leur attaquante de pointe autrichienne, Anamarija Galic (2m, ex-Perugia) et jouent désormais avec l’Américaine Devyn Robinson. Ils se sont également séparés de la Brésilienne Milena Vilela qu’ils ont remplacé par l’Espagnole Maria Priscilla Schlegel (championne de France 2025 avec Paris/Levallois). Depuis, c’est une autre équipe ! » Ce qu’on n’a pas de mal à croire si l’on en juge par les derniers résultats de l’Extraligua hongroise où, après sa défaite du 13 décembre à Budapest face à l’équipe II des championnes en titre Vasas Obuda (2-3), Békéscsabai a pris sa revanche sur Ujpest (3-0) et battu Szbbra (3-0) pour revenir sur le podium du moment derrière Vasas Budapest et Kaposvar NRC entraîné par le Français Vincent Lacombe. Le VMA est prévenu… ça ne sera pas facile en Hongrie !

Christian Entz à Békéscsaba

Légendes photo

Les ex-Mulhousiennes Iva et Lara Davidovic sous le maillot de Ujpesti et de Fatum.

Trois heures de bus, sous la neige, ont été nécessaires pour rejoindre Békéscsaba au départ de Budapest.

Léa Soldner, André Sa et les Mulhousiennes à l’arrivée à Békéscsaba.